RDC: Les Congolais pour une justice locale, assistée par la communauté internationale
par Désiré-Israël Kazadi, journaliste au Phare, Kinshasa.
Le Centre international pour la justice transitionnelle (CIJT, une ONG basée à New York) a présenté le 6 octobre à Kinshasa une enquête sur la paix, la justice et la reconstruction sociale dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Sous le titre « Vivre dans la peur », cette étude statistique menée par la Berkeley-Tulane Initiative for Vulnerable Population souhaite exprimer « la voix des opprimés de la RDC », « entre paix et justice ». Elle relève l’étendue des violations des droits de l’homme dont sont victimes les populations de la partie orientale du pays.
Cette étude de 71 pages estime que la population de l’Est de la RDC perçoit la paix (51 % des répondants) et la sécurité (34 %) « non seulement comme ses propres priorités, mais également comme les deux priorités que le gouvernement congolais devrait viser ». 80 % des personnes interrogées croient qu’il est possible de rendre justice aux victimes. 51 % des sondés estiment que les tribunaux nationaux sont à même de garantir la justice, contre 26 % qui pensent que la Cour pénale internationale (CPI) peut bien le faire, 15 % qui proposent de faire appel aux tribunaux militaires, et 15 % qui opteraient plutôt pour des mécanismes traditionnels ou coutumiers. Mais l’étude relève surtout « un désir ardent pour que la communauté internationale puisse assister les poursuites devant les juridictions nationales » (82 %).
La justice : pas une priorité immédiate
Trois personnes sur quatre ne connaissent pas la CPI
L’étude souligne le besoin pour la CPI de mieux informer et sensibiliser le public relativement à la Cour et à son travail en RDC. Elle demande à la CPI d’améliorer la campagne d’information et les activités de diffusion entourant les procès qui auront lieu, notamment à travers la radio, d’envisager la possibilité de tenir ses procès localement, et de continuer et d’élargir ses enquêtes et les poursuites des présumés criminels de guerre en RDC.
Le projet de loi de mise en œuvre du Statut de Rome de la CPI a été déposé au Parlement en 2005, rappelle Christian Hemedi, coordonnateur de la Coalition congolaise pour la Cour pénale internationale. Et à ce jour en RDC, seules les juridictions militaires sont compétentes pour instruire et juger des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
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