République démocratique du Congo

Communiqué de presse du 19 août 2008

 

 

Un premier sondage réalisé auprès des victimes dans l'est du Congo révèle une forte demande pour la justice 
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rapport Vivre Dans la Peur (877 KB)

Près de la moitié des adultes de l'est de la République démocratique du Congo (RDC) ont subi des menaces, ont été battus ou réduits à l'esclavage par des groupes armés, d'après un nouveau sondage effectué dans la région. Le tiers des 2.620 personnes interrogées ont ainsi affirmé avoir été détenues pendant une semaine et plus.

Cependant, une vaste majorité (85 %) de la population pense que les auteurs des crimes doivent être reconnus comme étant les responsables de la violence.

Voilà quelques-unes des conclusions principales de Vivre dans la peur, un rapport de 60 pages issu d'un sondage mené par le Human Rights Center (HRC) de l'University of California à Berkeley, le Payson Center à la Tulane University et le Centre international pour la justice transitionnelle (ICTJ).

« Sans sécurité durable, personne ne peut reconstruire sa vie », déclare Patrick Vinck, directeur de la Berkeley-Tulane Initiative for Vulnerable Populations, le groupe qui chapeaute l'étude. « Il faut immédiatement réformer la police et l'armée pour protéger les civils. »

Si une paix fragile semble vouloir s'installer, la population continue à vivre dans la peur. Moins de la moitié des personnes interrogées ont dit se sentir en sécurité dans leur propre lit, ou à l'aise de se déplacer à pied la nuit dans leur village ou de rencontrer des étrangers.

« Chaque personne impliquée pourra en retirer des leçons importantes » ajoute Suliman Baldo, directeur du Programme africain de l'ICTJ et l'un des quatre co-auteurs du rapport. « Pour l'ONU, l'appui du Conseil de sécurité à la Mission de l'ONU en RDC est fondamental. Il n'est pas moins important que la Mission de l'ONU fasse son devoir de protéger les civils. »

Historique

On a décrit les combats qui sévissent dans l'est du Congo comme les plus meurtriers depuis la Deuxième Guerre mondiale. L'International Rescue Committee et le Burnet Institute estiment que 5,4 millions de « morts excessives » sont survenues entre août 1998 et avril 2007. Dans ce conflit, les membres de chaque camp ont commis des violations du droit humanitaire international, notamment en ciblant les civils pour commettre des meurtres, des viols et d'autres formes de violence sexuelle ; en recrutant des enfants soldats et en enlevant des civils. L'impunité règne de façon presque totale et les auteurs de crimes, puisqu'à peine une poignée d'entre eux sont traduits devant le Tribunal pénal international ou les tribunaux nationaux du Congo.

Le rapport

Vivre dans la peur est basé sur une étude complétée en décembre 2007 dans les villages et les municipalités du Nord et du Sud-Kivu et du district d'Ituri. Des entrevues supplémentaires ont été réalisées dans la capitale de l'État, Kinshasa, et dans la deuxième ville du pays, Kisangani.

Appuis

Cette étude a été rendue possible grâce à l'appui de la Fondation John D. et Catherine T. MacArthur, le Humanity United Fund, la Commission européenne, le ministère des affaires étrangères des Pays Bas, l'Agence suédoise de développement international et le BBC World Service Trust.

À propos du Human Rights Center

Le Human Rights Center enquête sur les crimes de guerre et les violations graves des droits de l'homme et du droit humanitaire international. Le Payson Center est un centre interdisciplinaire créé pour encourager le développement au sein de populations par le biais de formations, d'études et de programmes interdisciplinaires. www.hrcberkeley.org

À propos de la Berkeley-Tulane Initiative on Vulnerable Populations

La Berkeley-Tulane Initiative on Vulnerable Populations mène des études dans des pays qui connaissent des problèmes graves de violations des droits de l'homme et du droit humanitaire international. L'Initiative veille, d'une part, à ce que les besoins des survivants soient reconnus, et d'autre part, à ce que les gouvernements, agences de l'ONU et organisations non gouvernementales y répondent adéquatement.

À propos de l'ICTJ

Le Centre International pour la Justice Transitionnelle (ICTJ) aide les pays qui cherchent à identifier les responsables d'atrocités passées et de violations massives des droits de l'homme. Le Centre travaille dans des sociétés qui sortent de régimes répressifs ou de conflits armés, mais aussi dans des démocraties établies, où les injustices historiques ou l'abus systémique demeurent irrésolus.

Personnes-contact :

Robert Ruby
Communications Director, ICTJ
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